
Création 2027
Spectacle tout public
À partir de 12 ans
Durée 1h15
Écriture :
Charline Vallecillo
Scénographie & mise en scène :
Guillaume Corbeau
Musique & lumières :
John Levy
Interprètes :
Antoine Alcaraz et Charline Vallecillo
Co-Production :
Taylor Barnum Productions
Aide à la résidence :
Le Centre multimédia de Neuvic-sur-l’Isle / le Pôle culturel CH Vauclaire / la Comédie de Libourne
EXTRAIT Manon
Ça suffit ! ARRÊTE ! ON ARRÊTE DE S’EXCUSER ! Alors comme ça, tout va bien pour toi ? Tu n’as pas besoin de notre pacte débile ?! Tu sais dire non ? Eh ben, c’est ce qu’on va voir ! Tout de suite ! Avec un simple test !
Ninon
Pas de problème !
Manon
Quelle réponse surprenante ! … Alors, tu veux boire quoi pour ton p’tit déj ?
Ninon
Euh… J’aimerais du thé mais t’en as pas donc…
Manon
Exact, je n’ai que du café… tu en veux… ?
Ninon
Euh… tu as du sucre ?
Manon
Du sucre dans le café ? C’est un blasphème ! Je n’ai QUE du café, SANS sucre ! Est-ce que tu en veux ?
Ninon
Euh… si ça te fait plaisir…
Manon
Biiip ! Mauvaise réponse !
Manon et Ninon sont voisins, sans le savoir — ou presque. Rien ne les destinait à être plus que des inconnus qui se croisent sans jamais se rencontrer. Générations, caractères : a priori, tout les oppose. Manon, Gen Z extraverti, accepte avant de réfléchir. Ninon, millennial introvertie, s’excuse avant de respirer. Tous deux ont développé des mécanismes de défense divergents : quand l’un se suradapte, l’autre s’efface.
Pourtant, un soir, leurs mésaventures les réunissent grâce à leur point commun inattendu : leur incapacité à dire NON. Ce mot court qui en dit si long sur l’estime de soi ne fait pas partie de leur vocabulaire. Fatigués de sentir leur vie leur échapper, Manon et Ninon décident alors de conclure un pacte déterminant : apprendre ensemble, enfin, à poser leurs limites. Entre amours toxiques, amitiés douteuses, parents envahissants, un psychanalyste inquiétant et un coach miracle, leur parcours sera mouvementé, étonnant et éprouvant. Les deux amis vont découvrir, à leurs dépens, que l’emprise mentale se niche partout, et parfois même dans les sphères où on se croit le plus en sécurité.
De manière ponctuelle, les spectateur·rices seront mis·es à contribution, grâce au bris du quatrième mur, afin de vivre au plus près le voyage intérieur des protagonistes — et le leur !
Déso mais pas déso est une pièce à la fois drôle, émouvante et interactive, dans laquelle Manon et Ninon deviennent le miroir du public. Ce dernier est invité à s’interroger sur sa propre quête d’identité et son rapport au consentement, dans une société saturée d’exigences.
- Dispositif scénique
- Note d'intention
- Actions de médiation culturelle & citoyenne
- Équipe artistique
- Comment nous soutenir ?
- Calendrier de création
Le plateau de ce spectacle en salle est vivant et modulable, capable de se transformer au gré des lieux traversés par Manon et Ninon. Plusieurs espaces coexistent sans jamais disparaître complètement : même inoccupés, ils restent perceptibles dans la pénombre, comme les fragments d’un autre lieu ou d’un autre temps.
La scénographie s’organise autour de quelques éléments récurrents — un canapé, des tissus, des lampes, un meuble pouvant se scinder en deux bureaux — qui se recomposent pour dessiner tour à tour l’espace intime, l’espace de soin et l’espace professionnel des deux personnages. La lumière et la musique accompagnent ces basculements et l’écoulement du temps.
Le parcours de Manon et Ninon n’est pas celui d’une libération linéaire : le plateau reste longtemps rempli de sollicitations multiples. Ce n’est que dans l’épilogue que l’espace se montre enfin libéré de ce qui l’encombrait, parallèlement aux deux amis.

J’ai toujours eu des difficultés à m’imposer, à exprimer mon consentement ou, plus souvent, mon défaut de consentement. Bref, j’ai toujours eu du mal à dire non, retenue par la peur de vexer, de ne pas être aimée, de ne jamais en faire assez. En parallèle, j’ai connu de longues années d’errance médicale. Je me suis alors perdue dans des dérives thérapeutiques qui ont bien failli me coûter la vie.
En 2024, j’ai fait une découverte salvatrice qui allait profondément changer mon existence. L’algorithme YouTube, qui a parfois du bon, me proposait du contenu sur la métacognition — capacité de penser sur ses propres processus mentaux — et la zététique — méthode d’examen rationnel des pseudosciences. J’ai alors réalisé que le non-respect de mes limites et ma chute progressive dans des dérives sectaires étaient les deux faces d’une même médaille que je portais bien malgré moi depuis toujours : l’emprise mentale.
Puisque l’esprit critique est un bouclier nécessaire contre cette emprise, je souhaite contribuer à sa démocratisation, et ce dès le plus jeune âge. En tant que fille, amie, épouse, mère, mais aussi en tant que professionnelle, j’ai vu l’emprise mentale toucher nombre de nos concitoyen·nes, dans tous les secteurs du quotidien. J’en ai été à la fois victime, mais aussi proche témoin quand j’étais magistrate.
Selon moi, ce processus de manipulation par lequel une personne prend le contrôle d’une autre fait d’autant plus de ravages dans la société qu’il agit masqué. En effet, la victime, tout en perdant peu à peu son libre arbitre, croit au contraire être en possession de tous ses moyens. De plus, elle entretient souvent un lien affectif fort avec son bourreau, qui, lui-même, n’a pas systématiquement conscience de l’être.
Mon expérience pourrait se résumer en deux questions : Pourquoi avons-nous du mal à dire non ? Comment (re)trouver notre capacité à consentir librement ? Ce sont elles qui animent mon projet, à travers le prisme de l’emprise mentale. La scène et l’écriture ayant toujours été mes moyens d’expression privilégiés, j’ai bien sûr souhaité porter cette thématique sur les planches.
Au vu de la gravité du sujet, l’humour ne s’est pas imposé tout de suite. Cependant, grâce à mon expérience de comédienne, je connais les bienfaits du divertissement sur la sensibilisation à des thématiques délicates, ainsi que le pouvoir cathartique du rire. Aussi, je me suis vite rendu compte que la plus-value de mon travail par rapport aux contenus sceptiques déjà existants passerait par la comédie.
Déso mais pas déso est donc une pièce engagée, participative et libératrice. Le titre léger reflète la dualité interne des protagonistes tiraillés entre leurs excuses pavloviennes et leur envie de s’opposer. En outre, le coach, personnage central de la satire, adepte du développement personnel et de la spiritualité contemporaine, leur enseigne Déso mais pas déso comme un véritable mantra. Pour autant, la pièce ne se moque ni de la foi ni des croyants : elle montre les mécanismes d’endoctrinement qui peuvent se glisser dans les milieux spirituels comme dans bien d’autres sphères de nos vies, sans donner de leçon, mais en les faisant éprouver par le public, notamment grâce au bris régulier du quatrième mur.
Manon et Ninon subissent l’emprise de toutes parts. Eux ne le voient pas, mais le public, si. À force de chercher des solutions miracles ensemble, n’est-ce pas leur amitié surprenante qui va leur permettre de s’affirmer ? Et si cet espace de communication authentique permettait de survivre au passé, d’affronter le présent et de se projeter dans l’avenir ? Et si cette relation saine permettait de se réparer, au moins partiellement, loin des diktats de l’empowerment ?
Déso mais pas déso s’inscrit donc pleinement dans les préoccupations actuelles autour de la santé mentale, de l’éducation à l’esprit critique et de la prévention des dérives sectaires. Je souhaite que ma pièce divertisse tout en (re)donnant le goût du dialogue et du collectif, pour toutes celles et ceux qui cherchent à (re)prendre les rênes de leur propre vie.
Outre des répétitions publiques ouvertes à tout le monde, deux types d’ateliers pourront être proposés par l’équipe artistique durant ses résidences, dès l’âge de 12 ans.
RÉPÉTITIONS PUBLIQUESEn accord avec le lieu de résidence, les répétitions seront ponctuellement ouvertes au public afin de sensibiliser au monde du théâtre des personnes qui en sont habituellement éloignées.
TÉMOIGNAGES ET DÉBATS — 1h30 à 2hGrâce au recueil de témoignages anonymes issus des spectateur·ice·s et à des temps d’échange avec le public, ce dernier sera invité à réfléchir à ses capacités à respecter ses propres limites mais aussi celles d’autrui. Ensemble, nous envisagerons des pistes de solutions pour faire de la société un espace sécurisant où chacun·e se sent libre d’exister pleinement.
MA CHANSON NON, ÉCRITURE & MISE EN VOIX — 2hAtelier d’écriture créatif et libérateur durant lequel les participant·e·s sont invité·e·s à rédiger leur liste personnelle de choses auxquelles ils et elles décident aujourd’hui de dire NON. L’atelier se clôture par une mise en voix rythmée et collective.
– Octobre à décembre 2026 : Recherche au plateau, élaboration des costumes, création des musiques et finalisation de l’écriture. Lieux privés (24 et 33).
– Du 18 au 29 janvier 2027 : Résidence plateau. Pôle culturel CH Vauclaire, Montpon-Ménestérol (24).
– Mars – juin 2027 : Résidence plateau. La comédie de Libourne (33) (Dates à préciser)
– Juin ou juillet 2027 : Résidence plateau. Le Centre multimédia de Neuvic-sur-l’Isle (24) (Dates à préciser)
– Juin 2027 à octobre 2027 : Jours de résidence complémentaires pour travail au plateau, finalisation des lumières et de la scénographie. (Recherche en cours)
– Automne 2027 : Création. (Recherche en cours)
DIRECTEUR ARTISTIQUE : Guillaume Corbeau
TEL : 07.82.41.29.26
COURRIEL : contact@lesastressongeurs.fr
SIEGE SOCIAL : 38 route de la lande, 24110 SAINT-LÉON-SUR-L’ISLE
La compagnie Les Astres Songeurs